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Narcoculture-France

Blog relatif aux événements et informations de la narcoculture, relatés en français

Narco-Actu : Les fantômes ; ou les narcotrafiquants prêts à ressusciter

 

Attention, cet article tend à démontrer le caractère erroné de certaines rumeurs sur des personnages du crime organisé au Mexique. Pour ce faire, il expose des photographies qui pourraient être considérées comme choquantes par un public non averti.

 

Le titre de cet article vous laisse songeur, ou dubitatif ? Il s'agit pourtant d'une "narco-actu", une chronique des faits divers du moment qui régissent le crime organisé mexicain, que nous prenons très au sérieux sur notre site, en nous basant sur les médias locaux traditionnels comme InfoBae ou le désormais célèbre Blog del Narco, aussi bien que sur la musique norteña et les élucubrations de certains acharnés sur les réseaux sociaux que nous avons tenu à vous rapporter pour ce qu'ils sont, des élucubrations... Nous allons ici vous parler de narcotrafiquants supposés morts, mais dont la disparition alimente au Mexique tous les fantasmes et laisse véritablement un doute raisonnable quant à leur véracité. Vous connaissez Mokhtar Belmokhtar ? Le borgne ? Malgré de nombreux parallèles qui sont fait dans la culture populaire et même les narcocorridos entre les djihadistes et les narcos, on n'a pas tellement pour habitude de vous parler de ces premiers sur notre blog. Et pourtant, l'exemple du leader d'AQMI est ici parfaitement trouvé pour illustrer comme, parfois, il peut être sacrément compliqué pour un gouvernement de s'assurer de la mort d'un seul homme. (D'ailleurs, histoire d'achever de me justifier, Mister Marlboro, d'après le surnom donné par les services secrets algériens, est régulièrement accusé par ces derniers de se financer en partie grâce au trafic de drogue et de cigarettes, et bien que de nombreux spécialistes réfutent cette thèse, il semble certain qu'il ait au moins vivoter un temps des revenus générés par la contrebande...) Et bien je crois me souvenir qu'ils aient annoncé sa mort à plusieurs reprises, et ce, malgré que le borgne soit encore en activité au moment où j'écris ces lignes. Informations à vérifier, je vous le dis direct, on s'éloigne ici clairement du sujet que je maîtrise pleinement ; mais il ne fait en tout cas aucun doute que de nombreux petits copains ou rivaux barbus de Belmokhtar aient refait surface après un temps et avoir été déclarés morts. Heu, lesquels exactement, cela me prendrait trop de temps en recherche et ma flemmardise refait des siennes, aussi je préfère revenir à des exemples qui soient plus dans mes cordes. Nazario Moreno. Ouais. Vous connaissez pas ? Vous n'imaginez pas la chance que vous avez... Après avoir entendu son histoire, croyez-moi, on ne s'étonne plus de rien, malheureusement. Prophète, saint autoproclamé, narcotrafiquant, chef du cartel anciennement connu comme la Familia Michoacana, et grand maître de l'ordre des Templiers... Au Mexique. Ouais, je sais... Mais ça prendrait un peu de temps pour vous expliquer, alors disons simplement que l'ami Nazario était un grand taré comme on en fait qu'au Mexique, il faut croire. Bref, les partisans de Nazario Moreno lui prêtaient bien évidemment des pouvoirs surnaturels, puisque divin, voire même (et surtout) l'immortalité. Ceci explique peut-être l'empressement des autorités mexicaines à le déclarer mort ; ce sera fait une première fois en 2010, alors que nous savons qu'il n'en était rien, puisque El Chayo Nazario sera de nouveau déclaré mort par la suite, "retué" donc, dans un nouveau raid de l'armée en 2014. J'imagine l'embêtement des gratte-papiers chargés de pondre le communiqué de presse : "ah en fait non, il était pas mort, mais maintenant c'est bon, hein..." Ca pourrait faire sourire, si pendant ce temps-là les exactions ne s'étaient pas poursuivies au Michoacan et les autels à la gloire de "Santo Nazario" proliférés dans le désert. Récemment, de nouvelles rumeurs ont éclos concernant un autre membre du crime organisé dans le pays ; nous les devons à Ricardo Raphael, un écrivain affairé à rencontrer de nombreux trafiquants en prison dans le cadre de ses recherches : El Mellado ou Z-9, un des 20 déserteurs de l'armée fondateurs du tristement célèbre cartel de Los Zetas (contre lequel, au passage, San Nazario a déclenché sa "sainte croisade") serait bien en vie et emprisonné sous l'identité de Juan Luis Vallejos de la Sancha, alors que celui-ci fut pourtant déclaré mort en mai 2014. Pour ma part, il pourrait très bien s'agir d'un membre anonyme de los Zetas qui cherche à se faire mousser ou rendre ainsi hommage à la mémoire de son ancien patron, mais comme le dit Ricardo Raphael dans son livre : "on nous a fait avaler tant de bobards dans l'histoire du narcotrafic, qu'à ce niveau-là, il est devenu impossible de savoir ce qui est vrai ou non"... Dans cet article donc, nous allons mentionner quelques trafiquants qui font eux-aussi l'objet de ces rumeurs en évaluant (de manière toute subjective puisque je ne dispose pas de mes propres sources dans le pays ni au sein des cartels, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur) leur degré de véracité, en tâchant néanmoins de développer quelques arguments pour ce faire. Déjà, je tiens à le préciser, je ne m'appuierai pas autant que de coutume sur les lyrics de mes chers narcocorridos puisque, depuis quelques temps, ceux-ci ont prit la fâcheuse habitude de jeter le voile sur le décès de certains trafiquants, même quand celui-ci ne fait pourtant aucun doute. Preuve en est que, dans son featuring avec l'excellentissime Lenin Ramirez, "The King of Ice", l'ami Cris Nava ose prétendre à propos de Nacho Coronel : "s'il est vivant ou mort, la vérité, on ne sait pas". Tout le monde l'a vu débouler en beuglant avec son M16 sur l'armée, Nacho Coronel ! Et périr sous les balles ! Nan, un peu de sérieux, on va vous parler ici de narcos qui font l'objet de rumeurs plus crédibles, car il en est pour qui le doute est permis. Vous trouvez ça un peu fort de café ? Bravo, c'est que les narcos et les exaction des hommes parviennent encore à vous étonner. Ah, et au fait : Abou Bakr Al-Baghdadi, l'ancien leader de Daesh, a lui bien été présumé mort une première fois en juin 2017 par le ministère de la Défense russe et l'Observatoire syrien des droits de l'homme, avant de réellement trouver la mort en octobre 2019, soit plus de deux ans plus tard, au cours desquels il a continué à assurer sa triste fonction... On dit merci Wiki.

 

 

GONZALO INZUNZA INZUNZA "EL MACHO PRIETO" / CHANCES POUR QU'IL SOIT ENCORE EN VIE : 10 %

Bon, on attaque direct avec un gros morceau ; mais par où commencer ? Pourquoi pas par le point de vue de la série El Chapo ? (Alors si vous n'avez pas envie de vous la faire spoiler, foutez le camp d'ici !) En effet, comme dit dans un autre article concernant la série en question, Gonzalo est l'un des rares pistoleros du cartel de Sinaloa à y figurer. Dans celle-ci, il apparaît fugacement tout au long de la seconde saison (celle traitant de la guerre de 2008) et sera plus ou moins à l'origine d'un drame qui en résultera : la mort d'Edgar Guzman, fils d'El Chapo, et de son cousin Arturo Meza. On y voit alors un subordonné de Macho Prieto, un jeune sicario anonyme surnommé "Metrico" (pour la taille des lignes qu'il sniffe) donner l'alerte l'esprit embrumé en apercevant un soir Arturo, sans préciser à ses collègues qu'il s'agissait du cousin d'Edgar et de celui-ci, et non pas de l'ennemi n°1 du cartel, Arturo Beltran, comme ils le pensaient. Cet oubli causera la mort des deux jeunes hommes, abattus par les hommes du cartel d'El Chapo sous les ordres de Gonzalo, avant qu'ils n'aient pu s'en apercevoir. Vous doutez que ça se soit véritablement passé comme ça dans la réalité ? Sachez que cette thèse a bien été avancée concernant le meurtre du vrai Edgar Guzman et de son cousin. Pas le quiproquo avec le prénom, évidemment, mais la bavure des sicarios de Guzman abattant par erreur le propre fils de ce dernier représentait une théorie en vogue, à une certaine époque. Avec le recul, et vu qu'on a toujours pas le fin mot de cette histoire, il est plus raisonnable de penser que ce sont les ennemis de son père, à commencer par Arturo Beltran, qui se cachent derrière ces meurtres. Si vous cherchez plus de détails concernant le point de vue parfois "complotiste" ou "fantaisiste" de la série Netflix El Chapo, on vous réfère à notre article sur le sujet. Si vous n'en avez toujours rien à faire de vous faire spoiler, évidemment. Bref, après la bévue de ses subordonnés, à laquelle il n'a pas assisté, le Macho Prieto de la série se rend avec ceux-ci au père endeuillé en assumant leur faute, prêts à recevoir leur châtiment. Si El Chapo hésite, arme en main, à les punir, il les gracie finalement ; l'occasion pour Macho Prieto de se sacrifier quelques épisodes plus tard sous les balles de Los Zetas pour sauver Don Ismael et finalement rentrer dans les bonnes grâces de ses chefs. Si tant est qu'on puisse dire cela d'un type mort au combat, bien sûr. Et c'est là que les divergences avec la réalité se font plus marquées : Gonzalo Inzunza Inzunza, de son vrai nom, est bien supposé avoir trouvé la mort en 2011 à Puerto Peñasco comme dans la série, mais lors d'un raid de l'armée dont il était l'objectif, pas lors d'un affrontement avec Los Zetas, encore moins en compagnie des leaders de son cartel. Et pour cause : la rumeur voulait à l'époque que ce soient ces derniers qui furent à l'origine de sa mort, en ayant livré sa position à l'armée (il ne faut pas oublier que Guzman venait à l'époque de trahir le mari de sa nièce en le dénonçant aux autorités, évènement qui serait d'ailleurs à l'origine la guerre de 2008). Pour le punir de la mort du fils d'El Chapo ou parce qu'il se montrait trop gourmand, on ne sait pas bien, ce qui est sûr c'est que de nombreuses théories et une aura de mystère entoure aujourd'hui encore El Macho Prieto, et plus précisément son décès supposé. Aucune thèse n'est délaissée : sa pseudo rivalité avec Manuel Torres, l'un de ses deux équivalents dans le cartel, son désir de s'émanciper de la tutelle de ses chefs... Car en réalité, contrairement à ce que montre la série, Gonzalo était un pistolero extrêmement craint et redouté, y compris par El Mayo et El Chapo, qui y auraient vu le spectre d'un nouvel ennemi, dans un climat de guerre avec les frères Beltran. Eh oui, sur un blog dédié à l'univers des cartels, ne vous attendez pas à ce qu'on verse dans l'angélisme de la série. Bon, et après toutes ces embrouilles et ces théories, qu'est-ce qui jette le doute sur la véracité de sa mort ? Après que l'armée ait confirmé la mort de Gonzalo au terme de la bataille à Puerto Peñasco, les sicarios de celui-ci ont refait surface pour s'enfuir avec la dépouille, empêchant ainsi d'autres évaluations de corroborer l'information. Mais, entre nous, vu à quel point il semblait s'être grillé auprès de ses chefs, je doute qu'il ait réussi à survivre tout ce temps sans faire de nouveau parler de lui.

Image de l'opération de l'armée à Puerto Peñasco

 

 

 

 

RODRIGO ARECHIGA GAMBOA "EL CHINO ANTRAX" / CHANCES POUR QU'IL SOIT ENCORE EN VIE : 10 %

Vous vous souvenez quand, plus haut, je vous ai dit que Macho Prieto semblait s'être brouillé avec l'un de ses deux homologues dans le cartel, Manuel Torres ? Le deuxième, c'est cet homme, Rodrigo Aréchiga Gamboa. Compagnon d'armes de Gonzalo et de Manuel, troisième chef de la sécurité du cartel, si on peut dire, et leader du bras armé Los Antrax (en fait, avec Jesus Peña Gonzalez "El 20", les chefs des sicarios sinaloans étaient plutôt au nombre de 4, pour l'anecdote). Au Mexique, certains disent qu'il n'en existera jamais deux comme lui, et on comprend pourquoi ! Si vous le voulez bien je ne vais pas m'étendre sur son compte, vu que je le place dans chacun de mes articles, le petit saligaud. On rappelle juste qu'outre sa romance supposée avec l'héritière Paris Hilton, ses innombrables voyages autour du monde, ses extravagants comptes Twitter, Facebook et Instagram sur lesquels il partageait le quotidien de ses entraînements et de ses voyages, outre sa collection de montres et de voitures de luxe, Chino Antrax est aussi vénéré (c'est le mot) pour avoir échappé à un attentat des Beltran Leyva à une station de lavage auto et une tentative de capture de l'armée lors d'un mariage au Sonora. Malheureusement, ses trop nombreux post attireront l'attention des autorités américaines qui chargeront Interpol de l'arrêter à l'occasion d'un nouveau voyage de celui-ci à Amsterdam pour le nouvel an. Dès lors, sa chance tourna et Rodrigo eu vachement moins envie de faire la teuf ; ça, c'était sans compter sur le jugement particulièrement clément du tribunal californien chargé de le faire condamner qui, justement, ne le condamna pour l'ensemble de ses meurtres, divers crimes et exactions (il occupait notamment au début de sa carrière la charge de chef des exécutions) qu'à seulement 7 ans de prison ferme ! Qui se transformèrent ensuite en 6 ans de réclusion accompagnés de 5 ans en résidence surveillée. Condamné au cours de l'année 2014, il recouvra donc partiellement la liberté en mars 2020, lors du confinement dû à l'épidémie de coronavirus. Quelle ironie, quand, pour parler de son organisation fondée en 2008, on mentionnait à l'époque un "virus venu de Chine", dans les narcocorridos notamment... Bon, en fait, j'ai toujours su à titre personnel que l'anthrax était une bactérie et pas un virus, mais l'essentiel n'est pas là, et puis "virus", c'est plus cool à dire d'après les mecs du cartel, alors... Il aurait put purger le reste de sa peine dans la baraque de San Diego que lui a alloué le gouvernement américain, mais c'était mal connaître le bonhomme. Faut dire qu'un jour, le saligaud n'a pas hésité a braquer son arme sur la tête d'un des fils du baron de la drogue le plus célèbre du Mexique et qui allait par la suite succéder à ce dernier, dans une boîte de nuit pour un motif obscur ; alors la discipline, on peut dire que ce n'est pas trop son truc à Rodrigo. Un jour que les agents de probation lui rendent une visite de routine dans sa résidence "surveillée", ils trouvent cette dernière vide, si ce n'est le téléphone d'El Chino abandonné là et son bracelet électronique attaché à une poupée mécanique se baladant de la chambre au salon. Vous la voyez venir, la couille, déjà ? C'est un peu trop gros pour être vrai, non ? Mais nous y reviendrons plus tard, car croyez-moi ou non, mais il s'agit là de la version officielle du gouvernement américain quant à cette affaire. Bien que l'alerte soit donnée pour l'appréhender, Chino Antrax semble alors déjà avoir passé la frontière, aux alentours du 6 mai 2020, deux mois à peine après avoir été placé en résidence "surveillée", et regagné son Sinaloa natal. D'ailleurs, les images d'une grande fiesta du cartel organisée pour son retour filtre sur les réseaux sociaux, sans que Chino n'y apparaisse, n'y qu'on puisse dater cette dernière avec précision. En tout cas, il faut les comprendre, les mecs : avec Chino Antrax, l'un des derniers membres encore en vie de son bras armé, ça semble le retour de la grande époque des batailles rangées de 2008 ; c'est reparti comme en 40, en somme ! Comme un triste sentiment de déjà-vu... Seulement voilà, son retour ne semble pas réjouir tout le monde, au chef des sicarios du clan d'Ismael Zambada. Vous savez quand je vous ai dit que Chino a un jour menacé de son arme le fils d'un parrain très célèbre ? Il s'agissait d'Ivan Archivaldo, alors bien moins influent qu'aujourd'hui. Ca ne vous dit rien ? Son patronyme vous parlera peut-être davantage : Guzman... Ivan Archivaldo Guzman Salazar. Le fils d'El Chapo. Et en 2020, suite aux désaccords provoqués par le Culiacanazo et la libération d'Ovidio (voir notre article l'année 2020 des narcos), les fils de Guzman sont engagés dans une escalade de violence avec l'ancien associé de leur père, Zambada. Et voilà que débarque Rodrigo au milieu de tout ce bordel, lui à qui on prêtait jadis une amitié avec la Mort, qui l'aurait protégé toutes ces années et rendu immortel. Le fidèle bras armé de Zambada, qui a un jour menacé Ivan, de surcroît ! Ce dernier l'aurait alors fait exécuté... Dans la première hypothèse, en partant du principe que tout ce que je vous ai raconté plus haut soit véridique et les informations dévoilées par les autorités américaines authentiques, les raisons invoquées seraient soit la dispute qui les a opposée jadis (décidément rien ne s'oublie), soit l'allégeance de Rodrigo à Zambada qui aurait peut-être inquiété les frères Guzman, dans ce climat de violence croissant. Faut dire que Rodrigo était considéré comme un redoutable combattant à qui l'on prêtait même, je vous l'ai dit, des pouvoirs surnaturels ; et sa notoriété l'aurait probablement aidé à refonder une nouvelle escadre de sicarios, comme en 2008, aux ordres d'Ismael Zambada. Ca, c'est dans l'hypothèse bien sûr où Ivan aurait eu une dent contre Chino, ou seulement peur de lui... Dans l'hypothèse où Ivan Archivaldo Guzman serait responsable de sa mort, ce qui, bien qu'extrêmement probable, vous le verrez, n'est pas non plus certain.

 

 

Car dans la seconde hypothèse, qui jette un voile trouble sur les derniers instants de la vie d'El Chino, celui-ci ne s'est pas "évadé" seul de sa résidence surveillée... Il n'a pas détaché de lui-même son bracelet électronique avant de l'attacher à une poupée et de réapparaître quelques jours plus tard de l'autre côté de la frontière... Dans cette version, celui qui jadis s'était surnommé "James Bond 5.7" sur les réseaux sociaux, est un agent à la solde des américains ; et ceux-ci l'ont libéré de sa geôle de San Diego pour lui faire regagner le Mexique et engranger des informations sur son ancien patron, Ismael Zambada. Farfelu ? Certains le pensent, en tout cas ; on ne fait que vous rapporter toutes les hypothèses afin que vous vous forgiez vous-même votre propre avis. Dans les jours qui suivirent sa mort, les médias avancèrent d'ailleurs les deux versions, sans privilégier l'une par rapport à l'autre. Ce que j'en pense moi ? Comme mentionné plus haut, Ivan a fait tuer Rodrigo qui, seul, est parvenu à fausser compagnie à la justice américaine, mais chut, hein... Un détail toutefois m'intrigue : la promptitude des autorités américaines à émettre un mandat d'arrêt à l'encontre de Rodrigo sans attendre 48 h que le prévenu daigne réapparaître comme l'exige pourtant la procédure ; et ce, afin de donner plus de retentissement à l'évasion d'El Chino ou de crédibilité si celle-ci fût montée de toutes pièces ? La question, en effet, se pose. Et qui, autre qu'Ivan Guzman, se cacherait derrière l'assassinat de Chino Antrax dans ce cas ? Et bien, le patron de ce dernier (ou plutôt ancien patron, avant qu'il ne passe 6 ans emprisonné aux Etats-Unis), Ismael Zambada en personne, qui aurait découvert le poteau rose et la collusion de son subordonné avec les américains, dans le but de le faire capturer. Y'a de quoi mettre en rogne, c'est sur. S'il est difficile de penser qu'un tueur à gages inculte du Sinaloa, responsable de centaines de morts violentes ait pu s'allier avec les autorités américaines au point que celles-ci en viennent à le relâcher, il faut songer que leur politique est avant tout d'appréhender les têtes pensantes de l'organisation et non pas les lieutenants, comme Rodrigo, fussent-ils aussi médiatiques... Ismael Zambada, pour rappel, dirige le Cartel de Sinaloa avec son associé El Chapo depuis la chute de Felix Gallardo en 89, et bien que jouissant de plus de 50 ans de carrière dans le crime organisé, El Mayo n'a jamais vu l'intérieur d'une cellule. De quoi, également, mettre en rogne les amerlocks et les pousser à de pareilles extrémités.

Cependant, si l'hypothèse que les yankees aient libéré El Chino pour les aider à arrêter le susmentionné baron demeure peu probable, celle qui pourrait bien se rapprocher le plus de la vérité selon moi implique une toute autre forme de collaboration de sa part. Qu'ils aient condamné Rodrigo à seulement 7 ans de prison, après sa capture à Amsterdam, vous ne trouvez pas ça étrange ? Alors, il a plaidé coupable d'accord, mais les faits qui lui étaient reprochés (à savoir d'avoir "conspiré pour faire entrer illégalement de la drogue aux Etats-Unis et s'être livré à des actes de violence au Mexique pour le compte du cartel") impliquaient une condamnation nettement plus sévère. Depuis son arrestation, des bruits courent selon lesquels Rodrigo s'est converti en soplón, en balance, et dénoncé ses anciens patrons et complices. Si les rumeurs en question n'ont jamais été corroborées avec exactitude, tout le monde, journalistes et auteurs spécialistes du crime organisé compris, s'accordent pour dire qu'elles sont fondées. Après tout, le plus célèbre repenti mexicain, Vicente Zambada (ancien patron et ami d'El Chino, au passage), a lui été condamné à plus de 15 ans de prison, alors même qu'il a collaboré avec la DEA et fourni des informations et témoignages sans précédent. Rodrigo aurait alors pu être assassiné après avoir fugué de sa résidence "surveillée", par l'une ou l'autre des deux factions rivales, celles d'Ivan Guzman ou d'Ismael Zambada, pour lui faire payer d'avoir mouchardé afin d'obtenir une remise de peine. Histoire de donner l'exemple, quoi !

Pénitencier Metropolitan de San Diego où Chino a purgé sa peine

 

J'espère que vous vous êtes fait votre avis sur le responsable du meurtre de Rodrigo, parce que maintenant, on va passer en revue ce que l'on sait véritablement sur sa mort et répondre à cette question qui semble revenir comme une petite musique dans l'esprit de nombreux jeunes gens au Mexique : se pourrait-il que Chino Antrax soit encore de notre monde ? Après tout, on parle là d'un type qui a possiblement collaboré avec le gouvernement américain ; disposant de suffisamment de moyens pour l'aider à disparaître, non ? Déjà, ce que l'on peut dire c'est que, comme pour El Macho Prieto, avec autant de rumeurs et d'incertitudes entourant les derniers instants de sa vie, tous les fantasmes semblent permis. Néanmoins, il parait aussi certain qu'effectivement, dans la nuit du 15 mai 2020, un mois avant le 40ème anniversaire de Rodrigo et dix jours à peine après avoir quitté sa résidence de San Diego, un commando de la mort l'ait surpris dans cette maison de la Colonia Guadalupe Victoria avec sa sœur et son beau-frère. Les cadavres des trois malheureux seront découvert dans un pick-up garé le long d'une piste en terre le lendemain matin. Tous portant des marques de torture et froidement exécutés ; parmi eux le cadavre que l'on dit être celui d'El Chino Antrax, donc. Les impacts de centaines de balles couvrent elles encore la façade de la maison où leurs tortionnaires les ont kidnappé, qui semble-t-il se sont annoncés de la sorte avant d'entrer. Le cadavre de Rodrigo est emmené au centre médico-légal de Culiacan devant lequel est déployé pour l'occasion d'importantes mesures de sécurité. Son décès sera confirmé quelques heures plus tard. Et je vous le dit direct, pour moi il est évident qu'il s'agit bel et bien de la dépouille d'El Chino. Son retour au Sinaloa, son ultime caprice, lui aura coûté la vie, il faut bien se faire une raison ! Que le commando de la mort en question ait été mandaté par les frères Guzman ou par Zambada, cela ne fait pas grande différence au bout du compte. Parmi les contestataires de cette version, beaucoup invoquent un détail pour corroborer le fait que Rodrigo ait survécu : un tatouage apparaissant sur l'un de ses post instagram, et absent des clichés de la dépouille. Le symbole Bio Hazard, sur le biceps gauche, pour être plus exact. Oui, sauf que voilà, ce tatouage n'apparaît justement que sur cette unique photo, et sur aucun autre de ses post par la suite. Tout semble indiquer qu'il s'agissait d'un tatouage "temporaire" disons, je ne sais pas comment on dit, si vous le savez merci d'éclairer ma lanterne dans les commentaires. D'autres sont allés chercher la petite bête en prétendant que certains grains de beauté et cicatrices sur le visage du très probablement défunt Jose Rodrigo Aréchiga Gamboa paraissaient également manquer sur celui de la dépouille, sans savoir que l'intéressé souffrait d'une maladie de peau nommée psoriasis, qui l'avait empêché de devenir pilote dans l'armée, dans sa jeunesse. Le seul élément qui pourrait aller en ce sens, c'est davantage le fait que Rodrigo ait déjà tenté de dissimuler son identité par le passé, en voyageant à Amsterdam sous un non d'emprunt. Les autorités américaines déclareront à la suite de leurs investigations que ce dernier avait alors subi quelques opérations de chirurgie esthétique mineures et tenté (sans succès) d'altérer ses empreintes digitales ; mais on ne va pas se mentir, ça fait maigre quand même ! Pour être clair, lorsque je mentionne qu'il existe environ 10% de chances pour qu'il soit encore vivant, c'est mon optimisme qui parle ; mais concernant un homme au destin si remarquable, dont les dernières semaine de vie ont été maculées de tant de rumeurs et mystères, je comprends qu'on puisse tout de même se poser la question.

 

 

 

 

 

 

JUAN JOSE ESPARRAGOZA MORENO "EL AZUL" / CHANCES POUR QU'IL SOIT ENCORE EN VIE : 30%

 

"La vida es para gozarla", c'est bien connu. Si, si, vous verrez qu'à l'oral, ça marche : Esparragoza / para gozar ; ils sont inventifs les chanteurs de narcocorridos, hein ? Cependant, lorsque celle-ci arrive à son terme, on n'a que rarement la chance d'en être avisé. Ici, je vous préviens, une fois n'est pas coutume, pas de règlement de comptes ni d'attentats à l'horizon. Celui que l'on appelle El Azul serait à priori décédé de causes naturelles. Mais d'abord, de qui s'agit-il, au juste ? Aurait-il un quelconque rapport avec le "Azul"de la série Narcos ? Tout à fait, car il s'agit en fait de la même personne. Celui que l'on découvrait en agent corrompu de la DFS lors de la première saison, et qui a véritablement occupé un poste au sein des autorités fédérales, a fini par se convertir en narco moustachu au pistolet chromé d'or et d'argent, tout ce qu'il y a de plus classique. D'ailleurs, dans la seconde saison de Narcos : Mexico (que j'ai tout de même fini par visionner ; et sans regret, hein) on le voit, après avoir officié en tant que bras droit de Felix Gallardo jusque-là, se lever et déclarer au moment de la répartition des plazas : "je pars avec Guzman m'occuper du Sinaloa". Traitement tout à fait correct, puisque le véritable Azul a bel et bien aidé à développer le Cartel de Sinaloa depuis sa création, sans jamais en prendre officiellement la tête. Cet honneur est notoirement réservé à Guzman et à Zambada (curieusement absent de la série, surement puisqu'il s'agit du seul baron encore en activité), bien qu'il est admis que l'ancien agent fédéral occupait un poste plus ou moins équivalent, comme la troisième tête pensante de l'organisation. Ce dernier est d'ordinaire représenté comme un homme de l'ombre plus en retrait que ses homologues et on lui attribue un naturel discret ; là encore, la série a tout bon. Ce trait de caractère qu'on lui impute est d'ailleurs ce qui me fait me demander : se pourrait-il que l'ami Juan Jose soit encore en vie ? Car, à l'âge de la retraite, recherché par les autorités du monde entier cela va sans dire, on l'imagine plutôt bien mettre en scène sa propre mort pour profiter au calme de ses dernières années. Né le 3 février 1949 à Badiraguato, il est supposé avoir trouvé la mort le 7 juin 2014, à 65 ans, d'un infarctus. Les premiers à rapporter cette information sont des journalistes du journal Rio Doce, confirmée par des sources policières et la famille de ce dernier. Seulement, le FBI, qui a fait de l'ancien agent fédéral une de ses priorités, refuse de reconnaître son décès et abandonner les recherches, sans preuve irréfutable de ce dernier ; les autorités mexicaines se montreront elles aussi plus prudentes par la suite. Sa mort, selon le journal, serait survenue dans un hôpital de Mexico et sa dépouille incinérée. Depuis lors, la famille d'El Azul, à commencer par l'un de ses fils qui se fera capturer quelques mois après la mort supposée de son père, clamera à qui veut l'entendre le décès du patriarche. Quoi de plus logique cependant, si celui-ci a bel et bien décidé de disparaître pour berner les autorités ? Ce n'est pas dans leur intérêt d'avouer qu'il est encore en vie, on ne va pas se mentir. Toutefois, la vie parfois peut receler son lot de surprises et il serait hérésie de penser que l'on peut à sa guise l'orchestrer, tout puissant baron de la drogue que l'on est. En démontre la mort en cette année 2021 d'un autre fils d'El Azul, nommé comme son père, et surnommé "El Negro". Décédé d'insuffisances respiratoires malgré les efforts des médecins pour le sauver, à cause d'un célèbre virus qui fait énormément parler de lui cette année encore. Et non, je ne parle pas de l'antrax... Pourtant, le bougre faisait partie d'une évasion dont il était le moteur et cerveau, avec quatre autres célèbres porte-flingues du cartel de Sinaloa (dont Jesus Peña Gonzalez "El 20", "Pancho Chimal" l'un des gardes du corps d'Ivan Archivaldo Guzman, et "El Changuito Antrax", le successeur et padawan d'"El Chino Antrax") en 2017, du pénitencier d'Aguaruto de Culiacan. Depuis, El Negro était en cavale (seul Pancho Chimal a été repris quelques mois plus tard, abattu par l'armée), jusqu'à ce que le virus en question n'y mette fin. Après s'être évadé de prison et fait profil bas tout ce temps... Quand je vous dit que la vie se joue de nous ! Bref, à son enterrement, dans les premières semaines de cette année 2021, pas d'Azul à l'horizon, bien sûr... Seule une couronne de fleur envoyée par son parrain, Rafael Caro Quintero. De là, étant donné l'âge désormais avancée de l'ami Juan Jose, assez vieux pour voir ses fils dans la tombe, il n'est pas exclu de penser que lui aussi, depuis un moment, n'est plus... Le FBI offre lui toujours une prime de 5 millions de dollars pour toute information menant à sa capture, si des fois vous l'apercevez dans la rue.

 

 

 

 

AMADO CARRILLO FUENTES "EL SEÑOR DE LOS CIELOS" / CHANCES POUR QU'IL SOIT ENCORE EN VIE : 40 %

40 %, on ne montera pas plus haut. L'objectif de cet article est également d'apporter un peu de fantasmagorie à ces destins extraordinaires de narcotrafiquants en jouant avec les incertitudes qui entourent leur mort ; en aucun cas de se faire partisan des théories du complot. C'est pour ça qu'à chaque fois, nous attribuons plus de crédit aux thèses officielles rapportant leur décès. Une fois cela dit, on peut tout de même essayer de les remettre en question et ici, nous jugeons qu'il est probable à 40% donc, que Le seigneur du ciel ait été encore vivant... à l'époque. Car il existe une petite nuance : en effet, cela fait plus de 20 ans maintenant que le décès supposé de l'interressé est censé être survenu, dans des circonstances "étranges", nous vous en parlerons plus bas. Vous admettrez que cela fait un bout de temps, et, comme mentionné plus haut pour l'un de ses homologues, beaucoup de choses peuvent survenir, en une si longue période. Voilà donc qui nous ramène en 1997, dernière année de la vie d'Amado Carrillo... Le bougre est alors à la tête du Cartel de Juarez, après avoir fait bande à part et sécéssion avec ses anciens complices sinaloans : Zambada, Esparragoza, Guzman. Ce dernier est d'ailleurs incarcéré à la prison de Puente Grande à cette période, après avoir été capturé au Guatemala. Cela fait 4 ans que leur association avec Pablo Escobar, dont Amado a fait les beaux jours grâce à sa flotte de Boeing 727, est caduque suite à la mort du colombien, et ce sont désormais les mexicains qui s'imposent en tant que grands manitous sur le marché. Des rivalités entre ces derniers commencent à apparaître ; c'est le début de ce qu'on appellera "la guerre des cartels". Qui ne connaît pas vraiment de fin, d'ailleurs ; comme le dit le narrateur de "la guerre de la drogue" dans la série Narcos ou encore Don Winslow dans son roman La griffe du chien. Bien que parrain du fils cadet de Zambada, Serafin, et que celui-ci ait à son tour baptisé l'un de ses fils, bien que lié à El Azul Esparragoza de longue date, Amado ainsi que ses frères à la tête du Cartel de Juarez finissent donc par se retrouver en bisbille avec leurs anciens comparses. Jouissant d'une fortune estimée à 25 milliards de dollars, mais subissant le désagrément d'être aussi l'un des hommes les plus recherchés de la planète, Carrillo Fuentes aurait alors décidé de faire profil bas, pourquoi pas de se retirer un temps du business, et de changer de visage. Pour ce faire, il est admis dans une clinique de Mexico afin de subir une opération de chirurgie esthétique au niveau du visage, ainsi qu'une liposuccion. Le 4 juillet 1997. C'est la dernière fois qu'on le verra en vie. Au cours de l'opération, sous anesthésie, les chirurgiens n'arrivent soudain plus à ranimer le narco, qui décédera au cours de celle-ci. Une complication rare, mais qui peut néanmoins survenir pour toute intervention pratiquée sous anesthésie générale (si vous avez une opération de prévue, j'espère ne pas vous avoir collé le bourdon). Il n'avait que 40 ans. Enfin, voilà ce qui s'est passé selon la version officielle. Bien que les proches d'Amado soit appelés pour reconnaître le corps, les autorités mexicaines embarquent ce dernier à fin d'analyses et le gardent un long moment avant de les laisser le mettre en terre. Celui-ci est alors méconnaissable, suite aux coups de bistouris ou à la putréfaction naturelle du corps, je ne saurais dire, toujours est-il qu'il est bien difficile de le reconnaître sur les photographies dont nous disposons. Ca n'a pas empêché sa famille de le pleurer et de l'enterrer en compagnie des membres les plus éminents de son organisation ; parce qu'il s'agissait du véritable Amado ou pour donner le change, nous vous laissons juger. On peut seulement faire remarquer qu'il est bien curieux que le narcotrafiquant ait justement trouvé la mort au cours d'une intervention censée l'aider à changer d'apparence et garder profil bas... Bien sûr, pour réaliser un tel coup de maître, cela nécessite obligatoirement des complicités et des moyens certains. Amado n'en manquait pas. Généraux et fédéraux lui mangeaient dans la main, dit-on ; quelques mois avant son supposé décès, c'est l'ancien patron de la brigade mexicaine des stupéfiants, le général Jesus Gutierrez Rebollo, qui est emprisonné pour avoir touché des pots-de-vin de la part du dit trafiquant. D'ailleurs, la dernière image que nous ayons du seigneur du ciel est une bande vidéo où on le voit danser au mariage de sa soeur, mais lorsqu'intervint l'armée au cours de la cérémonie, il semble avoir disparu sans laisser de trace, probablement prévenu de leur arrivée. Depuis, plus aucune trace de lui. Tout laisse à penser qu'il a laissé sa vie sur le billard ; ce qui n'empêche pas sa disparition d'alimenter depuis tous les fantasmes. Dans la culture populaire, en premier lieu ; l'une des télénovelas (ou narcoseries) les plus populaires au Mexique et en Colombie est justement (vaguement) inspirée de son parcours et intitulée "El señor de los cielos". Dans une autre centrée sur la vie d'El Chapo, El baron del tunel, dans laquelle apparaît le chanteur norteño Gerardo Ortiz (de mémoire), un dialogue fait justement mention d'Amado : "je devrais me retirer au calme comme le seigneur du ciel... Ce salaud-là se fait passer pour mort mais se la coule douce dans un ranch au Texas..." Enfin, dans la série Netflix El Chapo, la scène de la disparition d'Amado Carrillo se fait suffisamment évasive pour laisser au spectateur un doute certain ; l'une des rares réussites de la série, qui abandonne pour une fois ses thèses complotistes et capilotractées pour plus d'ambigüités. Enfin, comme le clame le chanteur mentionné plus haut dans un de ses corridos : "s'il est décédé ou s'il est une légende vivante, le 727 qui a survolé les continents peut-être continue son périple dans les cieux, le doute demeure en tout cas pour vous..."

 

La chirurgie esthétique, c'est chic !

Amado Avant

Amado Après

 

 

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